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Véro et Nance

Le «gaybyboom».

Voici un article que j'ai trouvé en surfant sur le net que j'avais envie de partager avec vous :)
(Je suis dans un mini-trip recherche sur tout ce qui touche des familles comme la future notre, j'espère que le tout vous intéressera aussi!)
- future maman Vé


Depuis que le monde est monde, les enfants naissent d’un père et d’une mère. Même quand le rejeton est abandonné par sa mère à la naissance, même quand la contribution du père s’est limitée à un échantillon de son sperme, tous les enfants du monde ont deux parents biologiques de sexe différent. Ou plutôt avaient. Car en 2002, le Québec a adopté une loi qui bouleverse plus radicalement encore le sens traditionnel de la famille que le mariage homosexuel. La loi sur l’union civile permet en effet à un enfant de descendre de… deux mères. «Même si elle a créé beaucoup moins de vagues que la question du mariage homosexuel, cette loi, qui consacre définitivement la distinction entre le social et le biologique est révolutionnaire puisqu’elle propose ni plus ni moins qu’une redéfinition de la filiation», affirme Danielle Julien,professeure au Département de psychologie et spécialiste des questions homosexuelles. Avec cette loi, poursuit-elle, «le Québec s’est placé à l’avant-garde des pays industrialisés en matière de droit des homosexuels : même la France, qui a adopté une forme d’union civile avec le PACS (Pacte civil de solidarité), ne permet pas d’établir la filiation d’un enfant à partir de deux parents du même sexe.»

Mère et comère
En fait, les mères homosexuelles n’ont pas attendu la permission du législateur pour procréer. Le «gaybyboom», comme on le surnomme aux États-Unis, n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis que les technologies de reproduction assistée permettent aux couples de lesbiennes de concevoir le projet d’un enfant. Mais avec la nouvelle loi québécoise, la conjointe de la mère biologique est reconnue automatiquement comme comère du nouveau-né. Les enfants n’ont-ils pas besoin de deux parents de sexe différent? «Mes recherches montrent clairement qu’il n’y a pas de différences dans le développement des enfants élevés dans des familles homoparentales, y compris dans le développement de leur identité sexuelle», répond la chercheure, qui a été appelée à rendre compte de ses résultats lors des audiences de la Commission parlementaire tenue en prévision de l’élaboration de la loi québécoise. «Ce qui fait une différence, comme l’ont souligné les jeunes adultes entendus devant la Commission, c’est la vulnérabilité qui découle du fait d’être traité comme l’étaient autrefois les enfants considérés illégitimes.»

Projets de «pluriparentalité»
Le couple parental composé d’un homme et d’une femme demeure un symbole très fort dans notre société. Mais il est fini le temps où la famille se présentait selon un seul modèle, celui de la famille nucléaire. À côté des familles monoparentales, recomposées ou traditionnelles, la famille homoparentale prend sa place au Québec et dans l’ensemble des pays industrialisés, que la loi la reconnaisse ou non. Parmi les mères lesbiennes qui collaborent aux recherches de Danielle Julien, environ la moitié sont d’ex-hétérosexuelles qui avaient déjà des enfants avant de se retrouver dans une relation homosexuelle. Un quart ont eu leur enfant grâce à une banque de sperme et l’autre quart dans le cadre d’un projet de «pluriparentalité». Qu’est-ce que la pluriparentalité? C’est un couple de lesbiennes qui, par exemple, s’associe à un couple d’hommes gais. «Dans ce cas de figure, un des hommes va fournir le sperme, une des mères va porter l’enfant et les quatre partenaires pourront s’en occuper selon une formule de garde partagée», explique Danielle Julien. En fait, le projet de pluriparentalité se limite parfois au don de sperme du père biologique. Par exemple, le frère de la comère fournira le sperme, de façon à ce que l’enfant soit doté decaractéristiques génétiques propres à ses deux mères. Quand elles font appel aux banques de sperme, les lesbiennes fonctionnent souvent d’une façon analogue : elles choisissent un donneur en fonction de ses ressemblances avec la comère. D’un point de vue psychologique, la situation peut d’ailleurs s’avérer plus difficile pour la comère lorsque le père biologique s’implique dans la vie de l’enfant, souligne la chercheure. «Dans ce cas, elle n’est ni mère biologique ni mère légale.» En France, où les lesbiennes n’ont pas le droit de s’adresser aux banques de sperme et où «les valeurs associées à la biparentalité hétérosexuelle sont beaucoup plus fortes qu’au Québec, même chez les gais et lesbiennes, les projets de pluriparentalité sont plus nombreux», rapporte Danielle Julien, qui dirige un vaste projet de recherche sur la famille homoparentale et son environnement visant entre autres à comparer les situations au Québec, en France et en Belgique. L’Association des parents gais et lesbiens de France offre même des sessions de préparation à la pluriparentalité. «Ces sessions ont pour but de prévenir les problèmes qui peuvent survenir, par exemple en cas de séparation, explique la chercheure. C’est déjà compliqué à deux, alors imaginez à quatre!
»

par Marie-Claude Bourdon
paru dans le Le journal de L’UQAM 19 sept. 2005
cliquez ici pour voir le pdf

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